La Maison Bouchet

Bientôt 100 ans !

De Marin Bouchet à la Brasserie des Grands Cols

En lisant l’histoire de la Maison Bouchet, on touche aussi du doigt celle de Gap et des Hautes-Alpes au 20ième. Ce siècle qui a connu toutes les évolutions qui font la société d’aujourd’hui. On a des souvenirs communs. La réussite de cette famille nous parle. Elle nous renvoie à une époque rassurante où le succès venait du travail et non d’une cotation en bourse ou d’une spéculation financière.
C’était aussi le temps où on prenait son temps malgré la rapidité avec laquelle la modernité a transformé le siècle. Le passage du transport à cheval au camion, l’arrivée de la mécanisation avec l’hypelec et les chariot élévateurs puis l’arrêt de la bouteille lavable à la jetable.
Et pourtant ce ne devait pas être si facile de s’adapter à ce monde qui change et d’en tirer parti avec ingéniosité.

On en a discuté avec des membres de la famille qui nous ont commenté les grandes étapes

Tout commence en 1920 avec la petite entreprise créée par Marin Bouchet qui fait ses livraisons de vins, en calèche tirée par un cheval. Il était tout simplement marchand de vin.

En 1930, c’est l’achat de l’immeuble, 13 avenue Jean Jaurès à Gap, un investissement ainsi qu’un lieu historique pour la famille jusqu’en 2016. Il verra toute la transformation de l’entreprise.
Pour l’heure c’est le premier dépôt Pernod de France. Un an plus tard arrive le premier container Perrier dans les Hautes-Alpes puis la Maison Bouchet devient agent et dépôt de la marque Cinzano.
Ils sont aussi fabricants de limonade, de boissons gazeuses et de sirops.
« Eh oui le pastis était fabriqué à Marseille mais détaillé sur place comme toutes les autres boissons d’ailleurs. Il y a eu, ici, les premières bouteilles Perrier, Orangina et plus tard Heineken. »

Entre 1937 et 1946
Marcel et Albert Bouchet rejoignent Marin dans l’entreprise familiale. En 1939, ils achètent le fameux Hypelec à Fenwick mais cette camionnette de livraison électrique ne sera livrée qu’après la guerre en 1945. Ce qui ne les empêche pas de sillonner les Hautes Alpes et la vallée de l’Ubaye pour livrer les vins de pays.

« Aujourd’hui l’hypelec marche encore et trône en bonne place dans le magasin Comme au bistro. Certains Gapençais se rappellent l’avoir vu livrer au Rochasson. Il paraît qu’il y en un dans un film avec Belmondo, Gabin et Bourvil ! Et Alain Bouchet se souvient aussi d’être rentré de l’école avec ce cheval électrique – ses 15 km/h et ses 90 kms d’autonomie !
Achille Mauzan – ami de Marin Bouchet – dessine des affiches publicitaires pour beaucoup d’entreprises. Il fera les étiquettes des bouteilles et le fameux Rouge-gorge dont le dessin d’origine est encore présent sur l’hypelec et – avec un trait plus moderne – dans le logo de Comme au bistro. »

Les années 50
C’est l’implantation à Briançon et le marché en exclusivité des Brasseries Kronenbourg pour la distribution dans les Hautes-Alpes.
« A l’époque on travaillait beaucoup mais différemment. Quand on livrait on laissait reposer la mécanique. On prenait le café à Sisteron, le petit déjeuner à Manosque, et le midi, on déjeunait au Vieux port… »

De 1960 à 1970
La Maison Bouchet devient une SA (Société anonyme) qui se développe dans tout le département. Ils achètent le premier chariot élévateur en 1963. C’est aussi une première à Gap !
Ils construisent un entrepôt en périphérie de Gap pour déménager l’activité de grossiste.

De 1980 à nos jours
Les années 80 à 90 verront l‘arrivée de la seconde génération à la tête de l’entreprise et d’une retraite bien méritée des fondateurs.
Les enfants (et petits-enfants) développent la marque Rouge-gorge, le génépi du Père Bouchet, le Serre Gavot avec d’autres partenaires … Ils déploient des magasins de proximité Le tonneau dans tout le département ainsi qu’à La Mure et à Barcelonnette.
En 1998 c’est la création de la Brasserie artisanale des grands cols (qui deviendra des années après le nom de l’entreprise) avec les première productions de bières La Tourmente.
« On croyait au marché de la microbrasserie avant les autres. On sentait que ça frétillait. Surtout on voulait faire de la bière à basse fermentation pour obtenir une bière de soif, légère digeste et rafraichissante avec une qualité constante. »

La suite de l’histoire s’écrit à partir de maintenant avec celle des bières la Tourmente et du magasin Comme au bistro…